Le protocole Reston : Trois-Rivières zombieland…
6 novembre 2009

Les idées de mon vaisseau : de l’humeur, des critiques et des sujets qui n’éffleurent pas vraiment l’esprit des membres de Six dans la cité.

Cette semaine : Le protocole Reston de Mathieu Fortin - Trois-Rivières zombieland…

 

Tout en regardant l’annonce dynamique de l’Université du Québec à Trois-Rivières à la télévision, je pense malgré moi aux conséquences du protocole Reston… Parce que l’action du dernier livre de Mathieu Fortin nous laisse une autre vision de Trois-Rivières. Sans UQTR, sans grand prix et sans repaire de motards.

 

protocole-reston1Qu’est-ce que ça raconte ? Une bête hideuse en provenance de Corée s’échappe d’un navire-cargo qui s’est échoué au large de Trois-Rivières. À bord, on la nourrissait de souris. Sur la terre ferme, elle se gavera de sang humain. Or, il y a un problème : tous les êtres qu’elle mord se transforment en zombies assoiffés de sang…

 

Pour contrer cette épidémie, il existe une solution, mais elle est radicale : le protocole Reston. À partir de là, disons qu’on ne rit plus…

 

Au cœur de Trois-Rivières désormais isolée du reste du monde, Victor, Lucien, Sara, David et Erika forment une équipe de survivants de choc afin de combattre ces zombies. Il n’y a plus de limites à assurer leur survie… Mais la mort rôde tout de même. Même l’hélicoptère TVA n’y échappe pas!

 

Ce roman se base sur des faits véridiques. C’est fou à dire, mais c’est vrai. Par exemple, il y a effectivement eu une alerte au virus Ebola dans la ville de Reston, en Viriginie. Par contre, est-ce que l’ONU a réellement mis en place un protocole Reston? Ça, M. Fortin semble en connaître plus que moi sur le sujet!

 

Mais faits réels ou pas, le livre Le protocole Reston est un «must read» de 2009 en littérature de genre. De l’action, beaucoup d’action. De l’horreur, de l’intrigue, des tractations politiques. Un mélange parfait pour nous procurer des sueurs froides!

 

 

Mathieu Fortin : Le protocole Reston

Éditions Les 400 coups, collection Coups de tête

 

Cote Ultra-Fiction : 4 / 5

 

Patrice Saucier

Horreur québécois : 10 oeuvres marquantes
28 octobre 2009

Top 10 de l’horreur québécois : un décompte qui n’a aucune valeur aux yeux de Marc Cassivi… et c’est tant mieux!

Au départ, je voulais me concentrer sur le cinéma d’horreur québécois. On en fait du bon, d’ailleurs! Allez voir les courts métrages au festival SPASM, allez voir le travail de Éric Tessier, Robin Aubert et Érik Canuel. Or, voilà que j’ai aussi reçu des suggestions de livres, ce qui, pour ma part, est très intéressant. C’est vrai, nous regorgeons (quel mot horrible!) d’écrivains qui versent très bien dans l’horreur. Et là je ne parle pas des autobiographies d’anciens participants de Loft Story ou de Julie Couillard. Non, je parle de Patrick Senécal, de Natasha Beaulieu, d’Édouard H. Bond, de Stéphane Dompierre (pardon si j’en oublie).

10. Karmina de Gabriel Pelletier
Pour être bien honnête, c’est Karmina qui m’a ouvert les portes de l’horreur québécois, un peu comme Tchaïkovski m’a ouvert celles de la musique classique. Vous voyez un peu le genre, alors… Malgré le jeu plus ou moins convaincant de Robert Brouillette en musicien techno, le reste du film est assez divertissant, avec une Isabelle Cyr superbe en vampire. Je n’ai pas trouvé d’extraits sur le Web. Désolé!

9. Bagman du collectif Roadkill Superstar
Saviez-vous que ce petit film indépendant a été traduit en allemand? Que Bagman s’est même battu contre Darth Vader dans une pub du Vidéo Beaubien? En tout cas, ne prononcez jamais son nom. Un bon petit film gore!

8. Saints-Martyrs-des-damnés de Robin Aubert
Un journaliste (François Chénier) enquête sur un petit village où tout le monde disparaît. «Ici, c’est un petit village paisible, monsieur. Les gens aiment ça d’même»… Réalisé par un fou d’horreur, Robin Aubert, en 2005. Cela nous fait oublier rapidement «le cat» Charest…

7. La trilogie Les Cités intérieures de Natasha Beaulieu
Après avoir lu L’Ange écarlate, premier tome de la trilogie des Cités intérieures, je me suis dit que cette histoire de ville «interne», cette mystérieuse Kagueshna, de même que cette violence noire, la beauté cruelle de l’ange écarlate et la vie déréglée de Jimmy Novak seraient de bons éléments pour une série télé. Ça changerait de Virginie, mettons! On a hâte à ton nouveau roman, Natasha! Un extrait de L’Ange écarlate à lire ici.

6. L’invasion des sacs à marde de l’espace de David Charbonneau
Oui, c’est un titre de film. Un policier en prison pour double meurtre au second degré (et quels meurtres!) se fait recruter par une organisation secrète afin d’exterminer des extraterrestres qui veulent nous… euh… nous… exterminer finalement. Cet ex-flic aura pour partenaire un drôle de gothique qui assiste à des soirées «mondaines» fétichistes. De la sci-fi horreur où le sang gicle bleu et vert!

5. Cul-de-$ac de Jean-Mathieu Bérubé et Carlo Harrieta
«C’est des câlices de ninjas» : une future phrase culte? Une chose est sûre, Cul-de-$ac propose de l’horreur ninja à son meilleur. Un film de Jean-Mathieu Bérubé et Carlo Harrieta, avec Serge «Faut vraiment être suicidaire hein?» Laprade qui, si je ne m’abuse, tâte de l’horreur pour la première fois (tâte de l’horreur… Hé cibole que j’ai besoin d’un café, moi).

 4. Cadavres d’Erik Canuel, d’après le livre de François Barcelo
Il y a d’abord eu le livre de François Barcelo. Ensuite, le film est sorti de la cave… Ce genre de «Love Story» complètement tordu, le jeu de Julie Le Breton, wow! Sauf que j’ai  un peu déchanté en voyant Christian Bégin dans la distribution. Pauvre buveur de vino en scooter, il va sans doute s’imaginer qu’on lui en veut d’être snobinard.


 
3. Maudits! D’Édouard H. Bond
J’ai lu ce livre en deux jours. Bon, il fait un peu plus de 100 pages, mais c’est de l’horreur très bien fignolé. Dans le bout de Lanaudière, des jeunes sur leur 36 reviennent de leur bal de finissants en limousine. Soudain, une crevaison… Un après l’autre, ils se feront zigouiller (le mot est faible) par une sorte de fou qui terrorise une route secondaire… J’attends impatiemment qu’on en fasse un film. Jarrett Mann, ça t’intéresse? Erik Canuel, ça t’intéresse? Quiconque, ça vous intéresse ?

2. Morlante de Stéphane Dompierre
Une histoire de pirates comme on les aime… Avec du sang, du sang, du sang et surtout, pas de pitié. Morlante est un écrivain pirate (drôle de formule de ma part, pardon François) qui vend ses services à quiconque veut bien de lui. Quand il attaque, c’est à coup de machettes. Il y en a même qui sont attaché sur lui. Les têtes roulent, le sang gicle, le fun est pris! Comme Morlante l’a dit lui-même : «On ne marque pas son époque en écrivant des livres, mais en tranchant des gorges.» Bien dit!

1. Sur le Seuil de Patrick Senécal – livre et film
Un livre d’horreur ne m’a jamais dérangé… sauf celui-ci. Paraît-il que ça arrive souvent avec les livres de Patrick Senécal. Jusqu’où peut-on tolérer des scènes d’horreur? Dans le cas de Sur le seuil, c’est cette «naissance forcée» au sein d’une obscure secte, disciples glauques de l’abée Pivot, qui m’a complètement fait perdre mes moyens.  Et pourtant, c’est ce que j’admire chez un auteur d’horreur : réussir à dérouter le lecteur… Jusqu’où est-ce trop loin? Je sens que je vais vivre la même frustration avec 5150, rue des Ormes, que je lis présentement (en passant, à cause de Senécal, je ne veux plus jouer aux échecs avec les pièces noires, calvince!)

Mentions très honorables : Le protocole Reston de Mathieu Fortin (que je suis en train de lire, ma critique en novembre), La Peau blanche de Joël Champetier, la collection Coups de tête, dirigée par Michel Vézina, les maisons d’édition Six Brumes et Alire, la contribution de SPASM. Keep up the creepy good work, guys!

Patrice Saucier

Luna Park (dés)astre lunaire
2 octobre 2009

Les idées de mon vaisseau : chronique d’humeur et de critique geekornorme qui est prête à payer une bière à Samuel pour l’aider à se vider le cœur, suite à sa déconfiture amoureuse…

Luna Park : (dés)astre lunaire

Laurent Chabin a l’habitude de nous transporter dans des univers difficiles à supporter. Par exemple, Speranza. Ce livre dans lequel une autre vision de Robinson Crusoé nous est proposée avait de quoi dépeigner et nous mettre à l’envers, l’estomac comme la tête.

32091Cette fois-ci, l’écrivain s’en prend à la Lune dans Luna Park, son deuxième roman publié chez Coups de tête.

Elle fait rêver, cette Lune, n’est-ce pas? On veut même y retourner pour marcher encore un peu dessus avec des drapeaux, tout en rêvant de futuristes et improbables projets de stations spatiales et tout le reste. Chabin et perçoit bien, le futur lunaire… et il n’est pas très joli! Un endroit qui rend fou, où l’on mange un semblant de similipoulet recyclé comprenant à la fois de la chair gallinacée et humaine, où la classe ouvrière est laissée dans un trou ignoble qui nous fait regretter des soirées sans musique et sous néons dans un bar local de Brèche-à-Manon.

Arrivent alors Élise et Jappy, ces deux antihéros apocalyptiques sortis de la tête de l’auteur et directeur de la collection Coups de tête Michel Vézina (pour comprendre, lire Élise).  Que viennent faire ces deux artistes hors-norme, hors la loi et hors champ sur cette face cachée de la Lune? Leurs moindres faits et gestes sont suivis par un homme qui, derrière ses nombreux écrans, est le Big Brother de l’endroit, punition «ultime» de ses patrons pour une bavure commise sur Terre…

Luna Park verse dans le sci-fi apocalypto-no future et le cyberpunk crado et brouillon. Malgré les réflexions-confessions un peu trop longues de notre Big Brother en chef sur l’astre lunaire, Luna Park demeure un bon roman de science-fiction. À lire sans doute en pensant à Guy Laliberté qui vit son trip spatial à bord de l’ISS, une expérience beaucoup plus planante que celle d’Élise et Jappy…

Cote Ultra Fiction : 3 sur 5

 

Luna Park par Laurent Chabin

Éditions les 400 coups, collection Coups de tête

Patrice Saucier