Horreur québécois : 10 oeuvres marquantes
28 octobre 2009

Top 10 de l’horreur québécois : un décompte qui n’a aucune valeur aux yeux de Marc Cassivi… et c’est tant mieux!

Au départ, je voulais me concentrer sur le cinéma d’horreur québécois. On en fait du bon, d’ailleurs! Allez voir les courts métrages au festival SPASM, allez voir le travail de Éric Tessier, Robin Aubert et Érik Canuel. Or, voilà que j’ai aussi reçu des suggestions de livres, ce qui, pour ma part, est très intéressant. C’est vrai, nous regorgeons (quel mot horrible!) d’écrivains qui versent très bien dans l’horreur. Et là je ne parle pas des autobiographies d’anciens participants de Loft Story ou de Julie Couillard. Non, je parle de Patrick Senécal, de Natasha Beaulieu, d’Édouard H. Bond, de Stéphane Dompierre (pardon si j’en oublie).

10. Karmina de Gabriel Pelletier
Pour être bien honnête, c’est Karmina qui m’a ouvert les portes de l’horreur québécois, un peu comme Tchaïkovski m’a ouvert celles de la musique classique. Vous voyez un peu le genre, alors… Malgré le jeu plus ou moins convaincant de Robert Brouillette en musicien techno, le reste du film est assez divertissant, avec une Isabelle Cyr superbe en vampire. Je n’ai pas trouvé d’extraits sur le Web. Désolé!

9. Bagman du collectif Roadkill Superstar
Saviez-vous que ce petit film indépendant a été traduit en allemand? Que Bagman s’est même battu contre Darth Vader dans une pub du Vidéo Beaubien? En tout cas, ne prononcez jamais son nom. Un bon petit film gore!

8. Saints-Martyrs-des-damnés de Robin Aubert
Un journaliste (François Chénier) enquête sur un petit village où tout le monde disparaît. «Ici, c’est un petit village paisible, monsieur. Les gens aiment ça d’même»… Réalisé par un fou d’horreur, Robin Aubert, en 2005. Cela nous fait oublier rapidement «le cat» Charest…

7. La trilogie Les Cités intérieures de Natasha Beaulieu
Après avoir lu L’Ange écarlate, premier tome de la trilogie des Cités intérieures, je me suis dit que cette histoire de ville «interne», cette mystérieuse Kagueshna, de même que cette violence noire, la beauté cruelle de l’ange écarlate et la vie déréglée de Jimmy Novak seraient de bons éléments pour une série télé. Ça changerait de Virginie, mettons! On a hâte à ton nouveau roman, Natasha! Un extrait de L’Ange écarlate à lire ici.

6. L’invasion des sacs à marde de l’espace de David Charbonneau
Oui, c’est un titre de film. Un policier en prison pour double meurtre au second degré (et quels meurtres!) se fait recruter par une organisation secrète afin d’exterminer des extraterrestres qui veulent nous… euh… nous… exterminer finalement. Cet ex-flic aura pour partenaire un drôle de gothique qui assiste à des soirées «mondaines» fétichistes. De la sci-fi horreur où le sang gicle bleu et vert!

5. Cul-de-$ac de Jean-Mathieu Bérubé et Carlo Harrieta
«C’est des câlices de ninjas» : une future phrase culte? Une chose est sûre, Cul-de-$ac propose de l’horreur ninja à son meilleur. Un film de Jean-Mathieu Bérubé et Carlo Harrieta, avec Serge «Faut vraiment être suicidaire hein?» Laprade qui, si je ne m’abuse, tâte de l’horreur pour la première fois (tâte de l’horreur… Hé cibole que j’ai besoin d’un café, moi).

 4. Cadavres d’Erik Canuel, d’après le livre de François Barcelo
Il y a d’abord eu le livre de François Barcelo. Ensuite, le film est sorti de la cave… Ce genre de «Love Story» complètement tordu, le jeu de Julie Le Breton, wow! Sauf que j’ai  un peu déchanté en voyant Christian Bégin dans la distribution. Pauvre buveur de vino en scooter, il va sans doute s’imaginer qu’on lui en veut d’être snobinard.


 
3. Maudits! D’Édouard H. Bond
J’ai lu ce livre en deux jours. Bon, il fait un peu plus de 100 pages, mais c’est de l’horreur très bien fignolé. Dans le bout de Lanaudière, des jeunes sur leur 36 reviennent de leur bal de finissants en limousine. Soudain, une crevaison… Un après l’autre, ils se feront zigouiller (le mot est faible) par une sorte de fou qui terrorise une route secondaire… J’attends impatiemment qu’on en fasse un film. Jarrett Mann, ça t’intéresse? Erik Canuel, ça t’intéresse? Quiconque, ça vous intéresse ?

2. Morlante de Stéphane Dompierre
Une histoire de pirates comme on les aime… Avec du sang, du sang, du sang et surtout, pas de pitié. Morlante est un écrivain pirate (drôle de formule de ma part, pardon François) qui vend ses services à quiconque veut bien de lui. Quand il attaque, c’est à coup de machettes. Il y en a même qui sont attaché sur lui. Les têtes roulent, le sang gicle, le fun est pris! Comme Morlante l’a dit lui-même : «On ne marque pas son époque en écrivant des livres, mais en tranchant des gorges.» Bien dit!

1. Sur le Seuil de Patrick Senécal – livre et film
Un livre d’horreur ne m’a jamais dérangé… sauf celui-ci. Paraît-il que ça arrive souvent avec les livres de Patrick Senécal. Jusqu’où peut-on tolérer des scènes d’horreur? Dans le cas de Sur le seuil, c’est cette «naissance forcée» au sein d’une obscure secte, disciples glauques de l’abée Pivot, qui m’a complètement fait perdre mes moyens.  Et pourtant, c’est ce que j’admire chez un auteur d’horreur : réussir à dérouter le lecteur… Jusqu’où est-ce trop loin? Je sens que je vais vivre la même frustration avec 5150, rue des Ormes, que je lis présentement (en passant, à cause de Senécal, je ne veux plus jouer aux échecs avec les pièces noires, calvince!)

Mentions très honorables : Le protocole Reston de Mathieu Fortin (que je suis en train de lire, ma critique en novembre), La Peau blanche de Joël Champetier, la collection Coups de tête, dirigée par Michel Vézina, les maisons d’édition Six Brumes et Alire, la contribution de SPASM. Keep up the creepy good work, guys!

Patrice Saucier

«Maudits!» soit l’horreur!
25 septembre 2009

Les idées de mon vaisseau : la chronique d’humeur g..k par excellence qui trouve que Céline Dion a beaucoup de rides, si l’on se fie à son annonce de St-Hubert

Parlant d’horreur…

Lire Maudits! dans le Métro a quelque chose de gênant, et ce, en raison de certains détails croustillants contenus dans le livre et dont les usagers pourraient lire comme ça, derrière notre dos.

n121525963407_72741Parce que lire Maudits! est un plaisir coupable, comme celui d’un kid qui regarderait pour la toute première fois un Friday the 13th ou un Sleepaway Camp sans la présence d’un adulte.

Si les États-Unis ont leur Jason ou leur Mike Myers, nous avons désormais notre Sergio, un désaxé qui, armé d’une machette et d’un harpon, terrorise la route 343 entre Joliette et Saint-Côme. Un balafré, crotté, «passionné» de harpons et de machettes.

Remercions chaleureusement l’écrivain Édouard H. Bond pour avoir mis au monde cet immonde personnage qu’est Sergio, qui roule dans un vieux Econoline en ruine et dont la plaque d’immatriculation est KIL 666… Cet homme, puisqu’il faut le considérer ainsi, va gâcher l’après-bal d’une bande de diplômés du secondaire.

Sur le coup, disons que ça sent un peu le cliché. Adolescents + boissons alcoolisées + « n’allez pas sur la 323 car elle est maudite » + le coup de la crevaison + psychopathe = généralement des scénarios classiques de films d’horreur.

Sauf que je ne peux épingler ça à l’œuvre de Bond. C’est seulement une impression qui dure une quarantaine de pages, pas plus. Parce que Bond, malgré les clichés, apporte du contenu à ses personnages, à ses ados attardés qui, contrairement aux ados dans les Friday the 13th, ont un vécu, des tourments, une nonchalance crasse face à la vie et ils l’assument.

Bref, ils ne sont pas parfaits. Ils sont des flasheurs, des poseurs, des mangeux d’poutine, grossiers, pas de classe et tout le reste. On est même presque content de les voir dans le trouble! Et Sergio…

À cela s’ajoute l’effet pulp qui se dégage dans le texte et les descriptions crues, de même qu’un côté documentaire qui nous défile un panthéon de tueurs en série les plus sadiques.

Un livre qui se lit d’une traite. Dans le Métro ou sur une route de campagne, sur la banquette arrière d’un gros LTD beige qui file à tout à l’allure. Peut-être vers sa perte, qui sait?

Cote Ultra Fiction : 3/5

Maudits! Par Édouard H. Bond
141 pages, Éditions Les 400 coups, collection Coups de tête

Patrice Saucier

P.S. : L’univers littéraire québécois regorge d’écrivains low profile qui mettent au monde de grandes oeuvres, certes, mais qui brillent par leur suffisance et leur côté «café au lait» (ça fait plus chic que beige). Par le fait même, cet univers ne compte pas beaucoup d’écrivains à la personnalité à la fois éclatée et mystérieuse… Le talent en plus! Nelly Arcan faisait partie de cette chasse gardée d’auteurs pertinents et coup de poing, qui ne laissent personne indifférent. On a retrouvé son corps tard hier soir. Sans vie. Elle n’avait que 36 ans. RIP mademoiselle… et protégeons nos écrivains hors-norme!