Les idées de mon vaisseau : la chronique d’humeur g..k par excellence qui trouve que Céline Dion a beaucoup de rides, si l’on se fie à son annonce de St-Hubert
Parlant d’horreur…
Lire Maudits! dans le Métro a quelque chose de gênant, et ce, en raison de certains détails croustillants contenus dans le livre et dont les usagers pourraient lire comme ça, derrière notre dos.
Parce que lire Maudits! est un plaisir coupable, comme celui d’un kid qui regarderait pour la toute première fois un Friday the 13th ou un Sleepaway Camp sans la présence d’un adulte.
Si les États-Unis ont leur Jason ou leur Mike Myers, nous avons désormais notre Sergio, un désaxé qui, armé d’une machette et d’un harpon, terrorise la route 343 entre Joliette et Saint-Côme. Un balafré, crotté, «passionné» de harpons et de machettes.
Remercions chaleureusement l’écrivain Édouard H. Bond pour avoir mis au monde cet immonde personnage qu’est Sergio, qui roule dans un vieux Econoline en ruine et dont la plaque d’immatriculation est KIL 666… Cet homme, puisqu’il faut le considérer ainsi, va gâcher l’après-bal d’une bande de diplômés du secondaire.
Sur le coup, disons que ça sent un peu le cliché. Adolescents + boissons alcoolisées + « n’allez pas sur la 323 car elle est maudite » + le coup de la crevaison + psychopathe = généralement des scénarios classiques de films d’horreur.
Sauf que je ne peux épingler ça à l’œuvre de Bond. C’est seulement une impression qui dure une quarantaine de pages, pas plus. Parce que Bond, malgré les clichés, apporte du contenu à ses personnages, à ses ados attardés qui, contrairement aux ados dans les Friday the 13th, ont un vécu, des tourments, une nonchalance crasse face à la vie et ils l’assument.
Bref, ils ne sont pas parfaits. Ils sont des flasheurs, des poseurs, des mangeux d’poutine, grossiers, pas de classe et tout le reste. On est même presque content de les voir dans le trouble! Et Sergio…
À cela s’ajoute l’effet pulp qui se dégage dans le texte et les descriptions crues, de même qu’un côté documentaire qui nous défile un panthéon de tueurs en série les plus sadiques.
Un livre qui se lit d’une traite. Dans le Métro ou sur une route de campagne, sur la banquette arrière d’un gros LTD beige qui file à tout à l’allure. Peut-être vers sa perte, qui sait?
Cote Ultra Fiction : 3/5
Maudits! Par Édouard H. Bond
141 pages, Éditions Les 400 coups, collection Coups de tête
Patrice Saucier
P.S. : L’univers littéraire québécois regorge d’écrivains low profile qui mettent au monde de grandes oeuvres, certes, mais qui brillent par leur suffisance et leur côté «café au lait» (ça fait plus chic que beige). Par le fait même, cet univers ne compte pas beaucoup d’écrivains à la personnalité à la fois éclatée et mystérieuse… Le talent en plus! Nelly Arcan faisait partie de cette chasse gardée d’auteurs pertinents et coup de poing, qui ne laissent personne indifférent. On a retrouvé son corps tard hier soir. Sans vie. Elle n’avait que 36 ans. RIP mademoiselle… et protégeons nos écrivains hors-norme!