Night of the Living Trekkies!
22 septembre 2010

L’apocalypse des zombis, ça ne serait pas drôle du tout. Sauf si ça devait se produire dans un congrès de fans de Star Trek et que seule une poignée de fanboys pas très bien équipés pour la vraie vie se dressait entre l’Humanité et la fin du monde.

C’est l’idée de base derrière le roman Night of the Living Trekkies, dont le titre est un jeu de mots inspiré de Night of the Living Dead qui se traduit à peu près par La nuit des trekkies-vivants. L’auteur, Kevin David Anderson, publie ici sa première oeuvre de cette taille, mais sa réputation est assez bien établie dans le milieu de l’horreur puisque ses nouvelles se sont retrouvées dans des magazines à quelques dizaines de reprises et qu’il a reçu une mention honorable dans The Year’s Best Fantasy and Horror 18 il y a quelques années.

Night of the Living Trekkies est disponible en version papier depuis cet été et en livre audio depuis quelques jours; voici sa bande-annonce (pour le moins débridée) histoire de vous mettre en appétit:

– François Dominic Laramée

Cameron + Del Toro = Lovecraft!
4 août 2010

Selon Deadline, le réalisateur Guillermo del Toro (qui a récemment lancé la serviette dans le sempiternel dossier du film The Hobbit) serait sur le point d’entreprendre la pré-production d’une adaptation cinématographique de At the Mountains of Madness, ou Les Montagnes hallucinées en français, un court romane d’horreur signé H.P. Lovecraft. Publiée en 1936, cette histoire constitue l’un des piliers de la mythologie de Cthulhu et des Grands Anciens, auxquels elle attribue cependant une origine extraterrestre plutôt que celle, surnaturelle, suggérée dans la plupart des autres opus de la série.220px-at_the_mountains_of_madness_-image002

Pour l’instant, on sait peu de choses sur le film, sinon que Del Toro a écrit le scénario en 2006, que James Cameron se joindrait au projet en tant que producteur, que le tournage aurait lieu à l’été 2011, et que le tout serait filmé en 3D. (Hmmm… Les Grands Anciens en 3D… Pas sûr que ce soit une si bonne idée!)

En attendant que plus de détails émergent, voici deux suggestions pour les amateurs d’horreur qui ne sont pas encore familiers avec l’univers de Lovecraft:

  • D’abord, Wikisource contient les textes intégraux de plusieurs oeuvres de Lovecraft qui appartiennent maintenant au domaine public. Le texte français des Montagnes hallucinées est disponible ici; ceux qui lisent l’anglais auront le choix entre un plus grand nombre d’oeuvres ici.
  • horreurPuis, pour se plonger dans l’atmosphère terrifiante d’Arkham, des Grands Anciens et de leurs serviteurs fous, il y a le jeu de société Horreur à Arkham (65-70$), auquel on peut jouer seul ou en groupes comprenant jusqu’à huit personnes. (Il est possible que l’une ou l’autre des expansions du jeu permette d’ajouter encore plus de monde, mais honnêtement il est bien assez long comme ça!) Il s’agit d’un jeu coopératif, dans lequel on visite des univers parallèles et où l’on collectionne des indices dans le but d’empêcher un Grand Ancien de dévorer le monde. Attention: le livre de règlements est terriblement mal écrit, mais une fois qu’on le maîtrise bien la mécanique de “collaboration sous pression” est assez efficace - à condition d’avoir 3-4 heures devant soi. Plus de détails dans cette vieille chronique du Blogue des NerdZ!

– François Dominic Laramée

«Maudits!» soit l’horreur!
25 septembre 2009

Les idées de mon vaisseau : la chronique d’humeur g..k par excellence qui trouve que Céline Dion a beaucoup de rides, si l’on se fie à son annonce de St-Hubert

Parlant d’horreur…

Lire Maudits! dans le Métro a quelque chose de gênant, et ce, en raison de certains détails croustillants contenus dans le livre et dont les usagers pourraient lire comme ça, derrière notre dos.

n121525963407_72741Parce que lire Maudits! est un plaisir coupable, comme celui d’un kid qui regarderait pour la toute première fois un Friday the 13th ou un Sleepaway Camp sans la présence d’un adulte.

Si les États-Unis ont leur Jason ou leur Mike Myers, nous avons désormais notre Sergio, un désaxé qui, armé d’une machette et d’un harpon, terrorise la route 343 entre Joliette et Saint-Côme. Un balafré, crotté, «passionné» de harpons et de machettes.

Remercions chaleureusement l’écrivain Édouard H. Bond pour avoir mis au monde cet immonde personnage qu’est Sergio, qui roule dans un vieux Econoline en ruine et dont la plaque d’immatriculation est KIL 666… Cet homme, puisqu’il faut le considérer ainsi, va gâcher l’après-bal d’une bande de diplômés du secondaire.

Sur le coup, disons que ça sent un peu le cliché. Adolescents + boissons alcoolisées + « n’allez pas sur la 323 car elle est maudite » + le coup de la crevaison + psychopathe = généralement des scénarios classiques de films d’horreur.

Sauf que je ne peux épingler ça à l’œuvre de Bond. C’est seulement une impression qui dure une quarantaine de pages, pas plus. Parce que Bond, malgré les clichés, apporte du contenu à ses personnages, à ses ados attardés qui, contrairement aux ados dans les Friday the 13th, ont un vécu, des tourments, une nonchalance crasse face à la vie et ils l’assument.

Bref, ils ne sont pas parfaits. Ils sont des flasheurs, des poseurs, des mangeux d’poutine, grossiers, pas de classe et tout le reste. On est même presque content de les voir dans le trouble! Et Sergio…

À cela s’ajoute l’effet pulp qui se dégage dans le texte et les descriptions crues, de même qu’un côté documentaire qui nous défile un panthéon de tueurs en série les plus sadiques.

Un livre qui se lit d’une traite. Dans le Métro ou sur une route de campagne, sur la banquette arrière d’un gros LTD beige qui file à tout à l’allure. Peut-être vers sa perte, qui sait?

Cote Ultra Fiction : 3/5

Maudits! Par Édouard H. Bond
141 pages, Éditions Les 400 coups, collection Coups de tête

Patrice Saucier

P.S. : L’univers littéraire québécois regorge d’écrivains low profile qui mettent au monde de grandes oeuvres, certes, mais qui brillent par leur suffisance et leur côté «café au lait» (ça fait plus chic que beige). Par le fait même, cet univers ne compte pas beaucoup d’écrivains à la personnalité à la fois éclatée et mystérieuse… Le talent en plus! Nelly Arcan faisait partie de cette chasse gardée d’auteurs pertinents et coup de poing, qui ne laissent personne indifférent. On a retrouvé son corps tard hier soir. Sans vie. Elle n’avait que 36 ans. RIP mademoiselle… et protégeons nos écrivains hors-norme!